Accueil / Paroles de volontaires / Un an de rencontres aux Philippines


Paroles de volontaires

Un an de rencontres aux Philippines

Publié le 21/02/2020
Comment résumer une mission en quelques lignes ? Difficile, et peut-être même impossible… Alors Marie-Emilie préfère nous partager quelques-unes des belles rencontres qui l'ont touchées durant cette année de volontariat.

Je suis partie aux Philippines, sur la petite île de Talim, pas très loin de Manille. Ma mission se déroulait dans la « San Damiano Community », une petite communauté de laïcs soutenue par la fraternité de Tibériade, une communauté belge. J’y donnais des cours d’anglais et de maths aux jeunes étudiants boursiers. Le soir, avec Cyrille, volontaire MEP, j’étais responsable de huit jeunes qui vivaient avec nous : les « bukid boys ».

J’ai eu la chance de pouvoir travailler avec de nombreuses belles personnes, comme kuya[1] Nick, responsable de la San Damiano Community. Il fait partie de ces amitiés qui m’ont beaucoup marquées et que j’aimerais partager avec vous.

La première chose qui me vient à l’esprit en pensant à lui est son écoute. Il est toujours prêt à écouter à 100%, malgré qu’il ait la responsabilité de la communauté et qu’à côté de ça il soit également père de famille. Quand nous avons besoin de son avis ou quand nous avons une demande à lui faire, il prend le temps pour nous. A chaque fois que je lui parle, je sens qu’il prend vraiment à cœur ce que je lui dis et que mes soucis deviennent les siens.

Il fait partie de ces personnes aussi qui se donnent dans leurs tâches avec beaucoup de générosité et d’humilité ; gratuitement, sans compter. Un jour il m’expliquait combien il prenait à cœur son rôle de responsable, en particulier vis-à-vis des « bukid boys », en disant qu’il les considère comme ses propres enfants et qu’il veut leur donner le meilleur. Rien n’est jamais de trop pour lui, il reste toujours patient et ne s’énerve jamais. Et quand parfois il faut corriger les jeunes, il le fait avec beaucoup de bonté.

Et enfin et surtout, il est inlassablement de bonne humeur. Toujours prêt à rire, faire des petites blagues, même quand la journée n’a pas été facile. C’est un vrai bonheur de pouvoir travailler avec lui !

Pour moi il rayonne cette douceur et humilité de cœur dont nous parle Jésus : « Car je suis doux et humble de cœur » (Mt 11,29).

Une autre personne qui m’a beaucoup touchée est un des jeunes avec lesquels je vivais. Timothy a 18 ans et vient d’une grande famille de 10 enfants vivant dans les montagnes. Son petit village est loin de tout, sans électricité et très pauvre. Il arrivait souvent qu’il n’ait qu’un seul repas dans la journée, composé de riz, d’un peu d’huile et de piment… Depuis quelques années il fait partie des « bukid boys », ce qui lui permet d’avoir une bourse pour pouvoir étudier. Sa famille est loin et il ne la voit que quelques fois par an.

Ce qui m’émerveille chez lui est sa profonde humilité et sa grande gratitude envers tout le monde. Il ne l’exprime pas souvent par des mots, mais cela transparait dans son attitude. Toujours prêt à servir avec un grand sourire, il voit ce qu’il y a à faire avant même qu’on doive lui demander. Et il n’attend rien en retour.

Son grand sens de responsabilité m’a également beaucoup marqué : il nous a partagé plusieurs fois que c’était vraiment dur pour lui, qu’il avait beaucoup de mal à réussir à l’école, mais que sa seule motivation était d’obtenir son diplôme pour pouvoir sortir sa famille de la pauvreté.

Un grand merci à toutes ces personnes qui m’ont appris tant de choses et qui sont pour moi de vrais témoins de l’évangile. Et également à toutes les personnes qui m’ont permis de vivre ce volontariat et de faire toutes ces belles rencontres, elles resteront gravées à jamais dans mon cœur.

« Mimi », volontaire MEP

[1] Kuya/ate : Formes de politesse utilisées aux Philippines signifiants « grand frère/grande sœur »